Le durcissement draconien de la législation et des pratiques administratives touchant les étrangers les expose à toutes sortes d’exploitations sur notre territoire et voit ainsi fleurir des officines qui promettent mensongèrement ici une régularisation éclair, là une naturalisation garantie, le tout à un prix exorbitant.
L’État aussi se sert
Dans le cadre de cette évolution qui fait de l’étranger une vache à traire, l’État n’est pas en reste : le gouvernement a décidé de se jeter dans la curée à sa manière.
Ainsi, le budget 2026 qui vient d’être adopté selon le procédé non démocratique de l’article 49.3 de la Constitution, prévoit une augmentation drastique des taxes applicables dans le cadre des demandes de titres de séjour et de naturalisation.
Pour rappel, en France, les ressortissants étrangers sont assujettis au paiement d’une taxe lors de chaque délivrance ou renouvellement de titre de séjour.
Sans que cela n’ait ému grand monde, les taxes applicables à leurs démarches administratives ont été augmentées selon un taux allant de 50 % à près de 400 % !
Pour exemple, les étrangers qui demandent la naturalisation devront acquitter une taxe de 255 € contre 55 € actuellement, taxe qui ne leur sera pas remboursée en cas de refus de la naturalisation.
Des hausses de taxes allant jusqu’à 400 %
La taxe de 100 € désormais exigée pour une demande de titre de séjour (contre 50 € auparavant) n’est pas davantage remboursée en cas de refus de titre de séjour.
La délivrance du premier titre donnera lieu au versement d’une somme supplémentaire de 200 €, à laquelle s’ajoutera la somme de 300 € (contre 200 € précédemment) si l’étranger se trouve en situation irrégulière, y compris lorsque cette situation résulte d’un dysfonctionnement administratif.
Cette taxe de 100 € sera aussi applicable pour une autorisation provisoire de séjour d’une durée de six mois, à comparer avec la carte nationale d’identité française qui est délivrée gratuitement (25 € seulement pour son renouvellement) et la taxe de 86 € pour le passeport français valable dix ans.
Payer cher pour un service défaillant
Ces augmentations, qui aboutissent à rendre le service public payant pour les étrangers, sont d’autant plus scandaleuses que ce service est totalement dysfonctionnel et devenu très souvent inaccessible.
Les étrangers acquittent ainsi chèrement le prix de titres de séjour dont la durée de validité effective est très souvent amputée en raison d’une délivrance tardive.
De nombreux étrangers renoncent à retirer leur titre de séjour, une fois celui-ci accordé, car ils se trouvent dans l’incapacité de s’acquitter de la lourde taxe qui leur est réclamée.
Un étau législatif qui se resserre depuis janvier 2026
Cette situation fiscale particulièrement inique s’inscrit dans un contexte législatif particulièrement aggravé depuis le 1er janvier 2026.
L’entrée en vigueur de nouvelles conditions d’accès aux cartes de résident et carte de séjour pluriannuelles, notamment par l’exigence renforcée en matière de maîtrise de la langue française, rend désormais considérablement plus difficile l’obtention de titres de longue durée.
Cette restriction contraint de nombreux étrangers à solliciter chaque année le renouvellement de leur titre de séjour, les soumettant ainsi à un paiement récurrent d’une taxe au montant exorbitant.
Ce que nous dénonçons
L’ADDE dénonce avec la plus grande fermeté :
- L’alourdissement drastique de la fiscalité au détriment d’une population vulnérable et le plus souvent aux revenus les plus modestes.
- La politique délibérée de précarisation du séjour des étrangers qui se trouvent ainsi soumis à une double peine et exposés à des activités parasites qui se développent à leurs dépens.
Le Bureau de l’ADDE